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Blockchain : l’établissement de standards communs est un prérequis essentiel



Dans une tribune pour mind Fintech, Terry Roche, responsable de la recherche fintech de TABB Group, relativise la fluidité observée au sein des consortiums.

Ces huit dernières années, nous avons principalement vécu avec une seule force motrice sur le marché : la régulation. L’expansion massive de la régulation a quasiment éclipsé tout le reste en termes de priorités et d’investissements. Le modèle de coût des marchés de capitaux est devenu intenable en raison de la conformité avec la régulation. En outre, les régulateurs ont retiré aux teneurs de marché la possibilité d’engager leurs fonds propres dans des opérations, les empêchant par là même de se développer en dehors d’une action sur les coûts. Une transformation radicale est nécessaire et la blockchain constitue l’une des voies qui permettra de créer la prochaine génération d’un écosystème de trading plus efficace.

Dans le sillage du Brexit et de l'élection présidentielle américaine, nous nous attendons à un probable allègement significatif du fardeau réglementaire. Cependant, un éventuel assouplissement de la régulation ne ralentira pas le rythme du changement vers un modèle technologique remanié. L’opportunité présentée par la blockchain posera les fondements d’une future économie pour les marchés de capitaux.

Vers une économie automatisée

Fondamentalement, la blockchain est une architecture de base de données. C’est une architecture qui permet le consensus ou la validation sur le fait que quelque chose s’est produit. Ce “quelque chose” est typiquement une transaction. L’idée d’un smart contract (littéralement un contrat intelligent) existe depuis un certain temps. Il s’agit simplement d’une déclaration booléenne “si/alors” qui pourrait désormais rendre certaines choses possibles dans le monde bien réel de la finance et de la banque.

Ce concept peut être élargi à des workflows plus complexes. Lorsque les banques et les courtiers implémenteront une blockchain, un écosystème digital verra le jour qui permettra à un smart contract d’automatiser une action. L’action dans ce domaine sera de transférer la propriété d’un instrument financier, de réaliser un transfert de fonds ou d’autres opérations financières similaires.

L’un des prérequis essentiels est l’établissement de standards communs, principalement pour les données. Si de tels standards ne sont pas mis au point et adoptés par l’industrie, la blockchain ne peut pas fonctionner. Le réseau blockchain, qu’il soit ouvert ou fermé (fermé dans le cas des marchés de capitaux), ne sera pas en mesure d’atteindre un consensus ou la validation d’une transaction sans l’existence de standards. En conséquence, nous avons vu la mise en place d’un certain nombre de coalitions blockchain. Les coalitions sont par
nature souvent fluides et nous continuerons à voir de la fluidité jusqu’à ce qu’il y ait une masse critique autour de standards.

La blockchain est une technologie dont la finalité est d’apporter de l’efficacité. De l’efficacité pour permettre un règlement des échanges plus rapide et des gains importants dans l’univers de la réconciliation post trade, dans la mesure où il ne sera plus nécessaire de réconcilier les ordres qui sont validés au moment de la transaction. Mais nous savons que la blockchain est bien plus que cela. Ce n’est rien de moins qu’un pilier fondateur non pas seulement des marchés de capitaux mais de l’économie dans son ensemble.

Une fois que les marchés de capitaux et les banques auront pleinement mis en oeuvre un système blockchain pour permettre un workflow sécurisé, contrôlable et automatisé vers le reste de l’économie, des bénéfices importants pourront être obtenus d’une manière beaucoup plus efficace. Cette structure blockchain sera interfacée avec d’autres structures blockchain, guidées par des smart contracts provenant de nombreux types de workflows, tels que la chaîne logistique, les achats au détail, le financement par l’emprunt et les investissements personnels et institutionnels. Tout cela contribuera à actionner l’économie automatisée.