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Le gouvernement dévoile des mesures de soutien propres aux start-up



Grandes oubliées du plan gouvernemental présenté le 17 mars, les start-up bénéficient de mesures et garanties publiques spécifiques qui mettent aussi à contribution les investisseurs privés. Passage en revue.

Les premières mesures gouvernementales annoncées le 17 mars pour soutenir les entreprises affectées par la crise du COVID-19 ne prenaient pas en compte les spécificités des start-up. Par exemple, les prêts de soutien à la trésorerie proposés par Bpifrance comportent des conditions d'accès. Ainsi,  le prêt Atout s'applique à des entreprises comptant au minimum 12 mois d'activité et serait réservé à des sociétés détenant des fonds propres positifs. Cela revient en pratique à exclure des start-up ayant fortement investi. Par ailleurs, la mobilisation de factures Avance Plus accompagnée d'un crédit de trésorerie représentant 30% du montant porte uniquement sur les créances de grands donneurs d'ordres. 

Le 25 mars, le gouvernement a donc présenté des mesures propres aux start-up françaises, portées par le secrétariat d’Etat chargé du numérique, le secrétariat général pour l’investissement et Bpifrance. Elles reposent également sur la mobilisation des investisseurs privés : fonds de capital-risque et business angels. "Du fait de la spécificité [du] modèle de développement [des start-up], il convenait de prendre des mesures d’urgence dédiées afin de soutenir, aux côtés de leurs actionnaires, celles dont l’activité est fortement affectée par le COVID-19. Au total, ce sont près de 4 milliards d’euros dont vont pouvoir bénéficier les start-up pour leur trésorerie. C'est un plan d'urgence qui (...) mobilise tous les leviers de financement usuels des start-up : bridges, crédit impôt recherche, prêts spécifiques, aides à l’innovation, etc.", a déclaré Cédric O, secrétaire d’Etat chargé du numérique. 

Financer des bridges

Parmi les mesures phares figure une enveloppe de 80 millions d'euros financée par le Programme d’investissements d’avenir (PIA) et gérée par Bpifrance, afin de financer des bridges entre deux levées de fonds. Il viendra soutenir des start-up en cours de levée de fonds ou dont l'opération était prévue dans les prochains mois. Ce mécanisme, sous forme d’obligations avec accès possible au capital, a vocation à être cofinancé par des investisseurs privés, pour un total d'au moins 160 millions d'euros. Une manière de mettre la pression sur certains acteurs qui fermeraient les écoutilles.

Il pourrait "y avoir une tentation de la part des fonds à garder de la réserve et à laisser passer la crise, mais ce n’est pas du tout une attitude générale. (...) On aura un discours assez franc, nous savons ceux qui jouent le jeu et ceux qui ne le font pas (...), et s’ils ne le font pas ce sera dûment noté", a déclaré lors d'une conférence téléphonique Paul-François Fournier, directeur de l’innovation chez Bpifrance, cité par l'AFP. "C'est le moment de profiter de l’expertise des VCs pour retravailler son plan de trésorerie et son plan d’actions", a commenté pour sa part François Paulus, confondateur de Breega Capital, lors d'un webinar organisé par Libeo.

Autre grande mesure, les start-up bénéficieront d'une enveloppe de 2 milliards d'euros de prêts de trésorerie garantis par l'Etat. Ces financements seront distribués par Bpifrance et les banques commerciales et pourront atteindre jusqu’à deux fois la masse salariale France 2019, ou, si plus élevé, 25% du chiffre d’affaires annuel. Enfin, des mesures plus techniques, pour la plupart déjà annoncées, sont prévues. Il s'agit du remboursement accéléré des crédits d'impôt sur les sociétés restituables en 2020, dont le crédit impôt recherche (CIR) pour l’année 2019, et des crédits de TVA. Bpifrance et l’Ademe vont accélérer automatiquement le paiement des aides à l’innovation du PIA, comme les concours d’innovation, en versant par anticipation les tranches non encore distribuées pour les dossiers déjà validés. Et l’Etat maintient, à travers Bpifrance, son soutien aux entreprises innovantes avec près de 1,3 milliard d’euros d’aides à l’innovation pour 2020. Le gouvernement précise que ce plan complète les mesures de soutien déjà annoncées et que les start-up "sont bien évidemment également éligibles (sous conditions, ndlr) aux dispositifs d’urgence proposés à l’ensemble des entreprises".

le secteur de l'affacturage se manifeste

Les grandes sociétés d'affacturage, par l'entremise de l'Association française des sociétés financières (ASF), demandent à bénéficier du fonds de garantie de 300 milliards d'euros mis en place par l'Etat. Ce mécanisme, qui permet de soutenir le financement bancaire des entreprises, n'implique ni les sociétés d'affacturage ni les plateformes de prêt. Les plateformes d'affacturage et de cession de factures Finexkap et Edebex soutiennent également une telle demande. Les acteurs du secteur redoutent une hausse des impayés dans les mois à venir. Pour l'heure, l'Etat a seulement présenté une garantie publique de 10 milliards d'euros pour maintenir les lignes de couverture des assureurs-crédit. L'objectif est d'éviter par effet de rebond une contraction du financement par le biais de l'affacturage. Cette technique de financement et de recouvrement de créances a représenté une production de près de 350 milliards d'euros en 2019 (+ 9,1% comparé à 2018).

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