TEST 15 JOURS

Néobanques pour les pros : la concurrence accrue fait flamber les coûts d’acquisition

La compétition redouble d’intensité sur le segment des néobanques pour les pros, provoquant une hausse des coûts d’acquisition. Pour se différencier, plusieurs acteurs ont lancé des produits de crédit et tous multiplient les nouvelles fonctionnalités.

Par Aude Fredouelle. Publié le 02 février 2022 à 9h51 - Mis à jour le 03 février 2022 à 14h38

La crise du Covid-19 a accéléré les usages numériques, pour les particuliers aussi bien que pour les professionnels. Une opportunité pour les néobanques et challengers (agréés établissements de crédit) dédiés aux entreprises, lancés progressivement depuis 2017. Le panorama publié par mind Fintech en janvier 2020 recensait huit acteurs, et celui de janvier 2021 dix. Cette année, nous en dénombrons douze, avec le déploiement par Hello Bank!, la banque en ligne de BNP Paribas, d’une offre pour les indépendants, ainsi que celui de Finom, néobanque paneuropéenne basée aux Pays-Bas. L’un d’entre eux a changé de mains : il s’agit de la néobanque belge Anytime, rachetée par Orange Bank en janvier 2021.

D’autres pourraient suivre. En France, la néobanque pour les particuliers Fintch, qui a dévoilé le 26 janvier une levée de fonds de 1,5 million d’euros, a révélé vouloir accélérer le développement de nouvelles offres et proposer ses services aux professionnels”. Outre-Manche, la néobanque britannique Tide a annoncé son expansion internationale, sans toutefois préciser les pays visés, hormis l’Inde, déjà en bêta-test. 

Séduire les PME, un défi

Si certains acteurs se positionnent résolument sur le segment des indépendants, comme Blank (groupe Crédit Agricole), Hello Bank!, bunq et N26, la plupart tendent progressivement à élargir leur cible pour toucher de plus gros acteurs, plus rentables et moins fragiles, comme nous le remarquions déjà il y a deux ans

C’est le cas de Qonto, qui souhaite se rapprocher de plus en plus des PME. C’est aussi l’objectif de Prismea, la néobanque du Crédit du Nord, qui avait initialement ciblé les indépendants et TPE. “Puisque Shine a été rachetée au sein du groupe [par Société Générale, qui va fusionner avec Crédit du Nord, ndlr], il fallait donner de la lisibilité aux clients et au réseau sur nos deux positionnements, raconte Stéphanie Biron, directrice générale. Shine s’adressant aux auto-entrepreneurs, aux indépendants et aux créateurs, nous avons évolué vers des cibles un peu plus importantes et des entreprises déjà bancarisées, car notre produit s’y prête bien. Nous avions prévu de les servir, mais pas forcément dès le début, car cette cible est plus difficile à aller chercher, demande plus de notoriété et de développements sur la plateforme.” Prismea vise donc désormais les TPE de plus de 10 salariés.

Shine, pourtant, a également progressivement élargi sa cible au-delà des indépendants et assure désormais adapter son produit aux TPE et même aux PME de moins de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires et moins de 20 personnes. “Les TPE et PME sont de plus en plus présentes dans notre base de clients et nous allons continuer à investir en ce sens dans le produit, pour répondre à leurs besoins en adoptant une stratégie de segments”, commente Nicolas Reboud, président

Reste que les PME sont plus difficiles à séduire. “Cette cible est exigeante, habituée aux banques traditionnelles avec des conseillers, et pas encore passée au numérique donc cela demande beaucoup de pédagogie, indique Stéphanie Biron, de Prismea. Nous avons dû revoir toute l’approche commerciale et nous avons recruté des commerciaux expérimentés sur le domaine bancaire”. Shine et Qonto refusent de préciser la part de TPE et PME dans leur base clients. Selon le président de Shine, le revenu moyen par utilisateur a en tout cas augmenté, et les clients sont désormais rentabilisés en “un peu moins d’un an”. Chez Qonto, Germain Michou-Tonning, en charge des partenariats, glisse tout de même que la base est environ équitablement répartie entre indépendants, entreprises en création et TPE et PME de plus de cinq salariés. 30 % des clients de Qonto le deviennent en créant leur entreprise, via le service de dépôt de capital. Chez Prismea, la base clients est composée à 40 % d’entreprises individuelles et à 50 % de sociétés (SASU, SAS…). “Nous continuons d’accepter les indépendants même si toutes nos actions commerciales sont désormais dédiées à des entreprises plus importantes, de 300 000 à 700 000 euros de chiffre d’affaires environ”, note Stéphanie Biron. La moitié du fonds de commerce a plus de 2 ans d’ancienneté et l’autre moitié un an d’ancienneté. Et chez manager.one, qui vise “les scale up et grands comptes,…

Cet article est reservé aux abonnés
Déja abonné ? Connectez-vous

Vous n’êtes pas encore inscrit ?

Créez un compte pour tester notre offre
gratuitement pendant 15 jours

  • Services en ligne : études, analyses, bases de données et bien plus encore
  • Briefings quotidiens : actualités synthétisées
  • Lettres hebdomadaires

Besoin d’informations complémentaires ?

Contactez

le service d’études à la demande de mind

À lire

SFPMEI

Le Crédit Agricole rachète la SFPMEI pour contrer Treezor et Société Générale

Caroline Lehericey : “70 % des ouvertures de comptes pros chez Hello bank! ne proviennent pas de clients particuliers existants”

Spendesk

Spendesk participe au début d'année tonitruant des fintech françaises

Qonto va investir plus de 100 millions d’euros sur chaque marché étranger

Finom devient établissement de monnaie électronique aux Pays-Bas