TEST 15 JOURS

Les néobanques pour les pros ciblent les PME pour atteindre la rentabilité

Plus de deux ans après une vague d’arrivées de néobanques pour entreprises dans l’Hexagone, les stratégies et modèles économiques s’affinent. Plusieurs sont déjà rentables, tandis que d’autres se lancent dans une course à l’acquisition en France, voire à l’étranger. Bilan des forces en présence.

Par Aude Fredouelle. Publié le 15 janvier 2020 à 14h28 - Mis à jour le 18 février 2021 à 14h29

L’année 2017 a été marquée par l’arrivée sur le marché bancaire de nouveaux acteurs de la banque mobile ciblant les professionnels. Au belge Anytime, déjà présent dans l’Hexagone depuis 2016, se sont ajoutés mi-2017 la start-up Qonto et manager.one, service édité par la société SagaCorp et soutenu par la banque Wormser Frères, puis les challengers pour particuliers N26 et Revolut, qui ont lancé des versions “business”. Shine a débarqué en 2018 en visant les freelances, et le néerlandais Bunq en 2019. Margo Bank, toujours en attente de son agrément d’établissement de crédit, devrait prendre son envol cette année. Et une première banque traditionnelle a présenté une néobanque pour les pros : le Crédit du Nord lancera Prismea dans les semaines à venir.

Ces nouveaux acteurs attaquent le marché de manière frontale et recrutent les clients des acteurs bancaires de la place. Le CEO d’Anytime Damien Dupouy assure observer un “mouvement de fond de défiance des clients vis-à-vis des banques, qui va permettre aux nouveaux acteurs de démocratiser les néobanques et de recruter plus rapidement”. “Le nombre de requêtes sur Google augmente constamment.” Mais il tempère : “Les clients des néobanques restent tout de même en majorité des start-up parisiennes et il y a encore un énorme travail d’évangélisation à réaliser”. 

Quelles sont les forces en présence ?

Qonto revendique plus de 65 000 clients au total (en France ainsi que, depuis l’été 2019, en Espagne, Italie et Allemagne), mais son CEO Alexandre Prot explique que l’écrasante majorité sont des entreprises françaises. Il indique aussi que la start-up, qui a levé 32 millions d’euros, devrait franchir les 100 000 clients dans “quelques mois”. Anytime en compte 135 000 en France et en Belgique (elle s’apprête à se lancer au Royaume-Uni en ce début d’année), dont 70% de petits professionnels, et 160 000 porteurs de cartes (mais dont certains sont inactifs, précise le CEO). Elle revendique 3 000 à 4 000 recrutements par mois. manager.one ne communique pas son nombre de clients mais assure recevoir une cinquantaine de demandes d’ouverture de compte par jour (soit environ 1 500 par mois). Enfin, Shine a dévoilé en juillet 2019 avoir franchi les 50 000 clients indépendants, mais n’a pas donné de nouvelles indications de croissance depuis. Le CEO Nicolas Reboud précise simplement que “l’offre de dépôt de capital a beaucoup de succès” et qu’un “pourcentage très significatif de nouveaux clients créent directement leur entreprise avec le service de Shine”. 

Revolut fait état de 300 000 clients entreprises en Europe mais ne donne pas la proportion en France, ni la taille moyenne de ses clients. Les autres néobanques jugent que le britannique est peu présent sur le marché (en s’appuyant sur les virements entrants et sortants de leurs clients ainsi que sur les appels d’offres).…

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