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Comment les APIs peuvent servir les banques et les fintech

Paul Thomalla, global head of payment de Finastra, estime que les APIs ouvertes peuvent permettre à des acteurs aussi divers que les banques et les fintech de collaborer pour évoluer rapidement et satisfaire leurs clients.

Par Contribution externe. Publié le 15 juin 2021 à 11h51 - Mis à jour le 15 juin 2021 à 15h22
Paul Thomalla

Il y a quelques années à peine, mentionner les fintech et les institutions financières dans une même phrase suffisait à créer un silence dans toutes les salles de réunion. Or, comme nous l’avons constaté au cours des 12 derniers mois, le monde des paiements évolue rapidement ; dorénavant, la capacité des banques à collaborer est considérée comme essentielle pour répondre aux attentes des clients et stimuler l’innovation. Cette nouvelle approche redéfinit en profondeur la manière dont les banques abordent la conception de nouvelles solutions.

En 2020, un certain nombre d’exemples très médiatisés ont fait la une des journaux, comme l’annonce par Bank of America de son partenariat avec Ripple, ou encore la signature par Google de six nouveaux partenaires pour sa plateforme digital banking. Ces partenariats entre banques et fintech font désormais partie de la “nouvelle normalité”.

Auparavant, les APIs utilisées dans le secteur bancaire étaient souvent des outils propriétaires au sein des systèmes propres à chaque banque. Dès lors, le seul moyen pour les banques de collaborer avec un partenaire externe et stimuler l’innovation dans le domaine des paiements reposait sur une connectivité point à point utilisant des passerelles sur mesure.

Avec les APIs ouvertes d’aujourd’hui, les choses sont très différentes. L’environnement de collaboration est passé d’un modèle one-to-one à un modèle one-to-many, avec des banques, des fintech et un large éventail d’autres tiers capables de collaborer de manière flexible et transparente. Ces nouvelles capacités amènent les banques à repenser leur manière d’aborder la conception de leurs produits. Voici quelques exemples.

Adopter une approche “outside-in”

Fondamentalement, l’approche “outside-in” repose sur une obsession pour le client, elle s’appuie sur ses besoins et ses préférences pour orienter la stratégie produit. L’approche outside-in est fondée sur les données et évite les présupposés vis-à-vis des clients, les mettant en avant et testant directement avec eux les nouvelles idées. L’approche plus traditionnelle “in-outside”, en revanche, a tendance à fonder les stratégies sur des ressources déjà disponibles pour l’IT, ou sur une présupposition interne de ce que les développeurs et les utilisateurs finaux pourraient vouloir ou dont ils pourraient avoir besoin.

Améliorer le temps de mise sur le marché grâce aux MVPs

Auparavant, les banques partaient du principe qu’il était généralement préférable d’arriver sur le marché avec une solution entièrement fonctionnelle et prête à l’emploi. Cette approche conduisait à de longues périodes de développement mais, une fois en service, la solution était souvent considérée comme obsolète. L’adoption des APIs, du cloud et des programmes pilotes de tiers utilisant une approche de produit minimum viable (MVP) permet une itération rapide et des phases de test et d’apprentissage en un temps record.

L’adoption d’un “product mindset” permet à une organisation d’expérimenter plus d’idées, plus largement et plus rapidement, et, au fur et à mesure que les données arrivent, d’investir là où les produits sont prometteurs – mais aussi d’envisager des mesures correctives là où ils ne le sont pas.

Repenser les modèles de monétisation

La monétisation est un élément essentiel de toute analyse de rentabilité et de nombreuses initiatives d’APIs sont lancées ou financées en fonction de la capacité à monétiser des actifs. Les déclinaisons sont nombreuses : réduction du coût des services similaires existants, valorisation des données détenues par les banques, mais aussi réalisation d’économies grâce à une approche de développement et de prototypage rapide d’applications. Il arrive même que la capacité à atteindre un client par un nouveau biais permettant d’améliorer l’acquisition et la fidélisation puisse rapporter davantage sur le long terme.

En conséquence, une banque peut exploiter de nombreuses innovations issues de la fintech pour offrir des services et des expériences plus convaincants à ses clients, tout en permettant à ses partenaires fintech d’en tirer des avantages – notamment l’accès à la base de clients de la banque et donc la possibilité d’améliorer et d’étendre leurs services.

En somme, ce nouveau modèle de collaboration permet à chaque produit bancaire, tiers ou partenaire d’accroître sa valeur en se connectant à d’autres acteurs via des APIs ouvertes. Ces avantages s’appliquent que la valeur soit dérivée de l’utilisation de services de paiements, de l’amélioration de la compensation, ou de l’exploitation de données enrichies issues de la norme ISO 20022 pour accroître l’automatisation et obtenir des informations sur le comportement des clients.

Bientôt, les APIs ouvertes enrichiront également notre quotidien financier, favorisant les applications de comparaison de prix, la concurrence, les nouveaux outils d’analyse agrégés et les options de traitement, à mesure que le secteur bancaire continuera à s’ouvrir et à reconnaître l’intérêt mutuel de ces nouveaux partenariats. Les tiers autorisés peuvent créer des produits et des services riches en données à partir d’applications existantes en faisant appel à des APIs ouvertes. Celles-ci permettent dès lors de créer des conditions de concurrence équitable entre les banques, grandes ou petites.

Recourir à des expertises et des ressources externes, et adopter de nouvelles approches produits, ainsi que les technologies qui les sous-tendent, contribueront à alimenter la concurrence et à stimuler l’innovation.

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