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Open banking : les plateformes cherchent la croissance dans l’initiation de paiement

La concurrence s’accroît pour les plateformes d’open banking françaises, progressivement rejointes sur le marché par des acteurs étrangers comme Tink, Plaid, TrueLayer ou Salt Edge. Certaines voient dans l’initiation de paiement un nouveau segment de croissance. 

Par Aude Fredouelle. Publié le 03 novembre 2021 à 15h12 - Mis à jour le 06 janvier 2022 à 16h05

En avril 2018, mind Fintech ne recensait que trois acteurs actifs en France dans son panorama des plateformes d’open banking : les Français Budget Insight, Oxlin (Linxo group) et Bridge (Bankin’). Depuis, des acteurs étrangers ont commencé à se déployer commercialement dans l’Hexagone : le suédois Tink (racheté par Visa), et, dans une moindre mesure, l’américain Plaid, le britannique TrueLayer et le canadien Salt Edge. Un autre acteur français a également vu le jour, avec un positionnement différent. Fintecture ne propose que des services d’initiation de virements, et cible les e-commerçants. 

L’agrégation patrimoniale, élément différenciant pour les acteurs français

En quelques années, les cas d’usage se sont affinés. Sur le volet historique de l’open banking, l’accès aux comptes bancaires (Account Information Service ou AIS), l’agrégation de comptes externes dans des applications a été le premier cas d’usage exploré mais s’est quelque peu essoufflé, une fois que presque toutes les grandes banques ont été équipées. D’autant que les taux d’utilisation sont souvent peu élevés, tandis que les pistes de monétisation n’ont pas rencontré le succès escompté. Sans compter que l’entrée en vigueur de la DSP2, et notamment l’authentification tous les 90 jours, a dégradé la qualité de l’expérience client.

Ainsi Oxlin, qui avait fait de l’agrégation sa spécialité en commercialisant auprès d’acteurs traditionnels à la fois les connecteurs et le front, et pour qui cela représente la majorité des volumes, doit désormais chercher des relais de croissance ailleurs (voir plus bas). 

Si la croissance a ralenti, le segment continue toutefois de croître : Budget Insight est par exemple utilisé par l’agrégateur patrimonial Finary, par celui de la MAIF (Nestor, qui passait initialement par Oxlin) ou encore par des applications d’épargne comme la fintech canadienne Moka, déployée en France à l’été 2021. De son côté, Bridge cible fortement les logiciels comptables et de gestion de trésorerie (Agicap, Sage, iPaidThat…). 

Et face à l’arrivée d’acteurs étrangers, les Français ont en tout cas un avantage de choix sur le créneau : contrairement à Plaid ou TrueLayer, qui ont fait le choix de se contenter des APIs (ou mécanismes de repli) DSP2 qui se limitent aux comptes de paiement, leurs homologues français recourent en parallèle à du scrapping ou du reverse engineering pour compléter avec les comptes d’épargne, l’investissement, le crédit… Budget Insight, par exemple, agrège aussi les plateformes crypto comme Coinbase et Kraken, et propose par ailleurs l’agrégation de factures. “Nous voudrions aussi permettre des arbitrages ou achat et vente de titres, mais ce ne sera pas avant l’année prochaine”, révèle Romain Bignon, cofondateur et président. Oxlin et Bridge assurent tous deux que la majorité des comptes agrégés sur leur plateforme ne sont pas des comptes de paiement (crédits, épargne…). Bridge agrège ainsi des nouveaux acteurs comme Swile (carte titres restaurants) et Lydia, et Bruno Van Haetsdaele, président de Linxo Group, assure qu’Oxlin “investit pour présenter les informations financières que peut contenir un contrat d’assurance vie par exemple, pour les acteurs spécialisés dans le conseil patrimonial”.

Pour Bertrand Jeannet, directeur général de Budget Insight, “se connecter aux APIs DSP2 n’est pas suffisant. C’est un segment très concurrentiel et on risque d’assister à une guerre des prix. Quel est l’élément différenciant des TPP qui s’en contentent ? Notre valeur ajoutée réside dans le travail de fourmi qui consiste à connecter au-delà des comptes de paiement, car des acteurs installés ne feront jamais de scraping”. Tink est pour l’instant le seul acteur étranger qui assure vouloir couvrir les comptes d’épargne et d‘investissement via des techniques de reverse engineering, mais 95 % des comptes actuellement agrégés par Tink en France sont des comptes de paiement. “La demande des clients est principalement concentrée sur la partie DSP2”, justifie Jérôme Albus, directeur régional.

Couverture géographique

Pour autant, les acteurs français ne peuvent pas lutter en termes de couverture géographique, pour séduire des clients qui souhaiteraient déployer avec une même plateforme leur service en Europe. Tink est connecté à 3400 banques dans 18 pays d’Europe.…

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