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L’initiation de virement dans le commerce, encore loin de concurrencer la carte

Les grands espoirs placés par des acteurs du marché dans l’initiation de virement pour proposer une alternative à la carte bancaire et surtout à Visa et Mastercard dans le commerce ont été refroidis. Le parcours client, le coût du virement instantané et l’absence de protection représentent autant d’obstacles à son développement. L’initiation de virement s’avère toutefois efficace en complément de la carte et plusieurs acteurs du paiement industrialisent la commercialisation de leur solution.

Par Aude Fredouelle. Publié le 17 novembre 2022 à 6h00 - Mis à jour le 04 janvier 2023 à 16h38

L’initiation de paiement (PISP) introduite par la seconde directive européenne sur les services de paiement (DSP2) ouvre des possibilités nouvelles pour le paiement e-commerce ou en magasin : le remplacement du paiement carte par une initiation de virement. En ligne, le client est rebasculé au moment de payer sur son application bancaire, où il s’authentifie pour valider le virement. En magasin, il reçoit un lien de paiement (ou flashe un QR code) qui l’envoie sur son application bancaire. Le virement déclenché peut être un virement classique mais aussi un virement instantané (SCT Inst), qui a pour avantage d’assurer le versement des fonds immédiat au commerçant. Mais près de deux ans après l’entrée en vigueur de la DSP2 – après de multiples reports – fin 2020, ce cas d’usage s’est-il vraiment développé ?

De nombreux obstacles

Désormais, tout le marché s’accorde pour le dire : non, le virement ne remplacera pas la carte bancaire dans le commerce, du moins pas à court ou moyen terme. “Le paiement par virement est beaucoup plus compliqué que ce que l’on a pu s’imaginer, pour plusieurs raisons, reconnaît par exemple Pierre-Antoine Vacheron, directeur général en charge des paiements du groupe BPCE. D’abord, il ne comporte pas de protection du consommateur et le virement instantané étant irrévocable, c’est un frein important. Ensuite, contrairement aux flux monétiques, les flux de virements sont plus compliqués à tracer chez le bénéficiaire. Résultat : souvent, le commerçant ne sait pas s’il a été payé ou non. Troisième frein : il est difficile de parvenir à une bonne ergonomie en faisant en sorte que les références et l’IBAN soient rentrés de façon standard. Et les solutions de paiement en “one click” qui existent avec la carte ne sont pas disponibles sur le virement. Enfin, lorsque l’on utilise le virement instantané, de nombreuses banques le facturent environ 1 euro pour le porteur.” Sans compter que “le standard des API open banking n’est pas toujours respecté”, ce qui affecte l’expérience client et le taux de succès des transactions. 

Résultat : chez BPCE, l’initiative annoncée en 2018 avec Air France, destinée à proposer aux clients du groupe de payer en virement instantané sur le site de la compagnie, a fait long feu. Aucune autre déploiement similaire n’a été mis en place depuis avec un commerçant. En février 2021, Natixis Payments a cependant permis à Generali de proposer un parcours de paiement des cotisations basé sur le virement instantané. Si cette méthode représente moins de 5 % des volumes de paiement, “cela fonctionne bien et nous réfléchissons à l’étendre à d’autres polices d’assurances que celles pour lesquelles c’est déjà proposé”, assure Pierre-Antoine Vacheron. Chez Crédit Mutuel Arkéa, une expérimentation annoncée en juillet 2020 et ciblant les petits professionnels,…

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